L’Odyssée personnelle de Karina dans le son

Un de mes premiers apprentissages vocaux, au théâtre Roy Hart, en France, fut un processus d’accouchement spectaculaire. Ayant été l’élève de chanteurs d’opéra de formation classique qui ne m’ont pas enseigné comment accéder à l’ÂME de ma voix, j’expérimentai une liberté extraordinaire en laissant aller tous les sons et notes qui s’offraient à moi. J’avais fait emmagasiner tant de choses inadaptées à ma voix, au plus profond de moi, que j’avais toujours peur de ne pas m’y prendre comme il fallait et de ne pas arriver à donner les notes justes. Dans les cours de la formation, je pouvais laisser ma voix spontanée faire les sons qu’elle voulait. Beaucoup venaient d’émotions longtemps refoulées et de choses inadéquates qui se transformèrent ensuite en une résonance et un chant merveilleux.

Je me mis à chanter toutes les notes de la gamme et pas mal de fausses notes. En vérité, cela n’avait pas d’importance parce que j’appris que c’est ce qu’il y a derrière la voix qui compte : mon intention, mon envie de m’y consacrer, ma présence, mes sentiments.

Mon aspiration passionnée pour une expression authentique grandissait rapidement et je commençai de produire des sons que je ne pensais pas possibles. J’obtins des résultats spectaculaires et appris à me rendre toujours davantage au savoir-faire intérieur de ce que ma voix voulait naturellement exprimer. J’arrivai finalement à contacter cette voix qui est directement reliée à la Source, la Voix de l’Âme. Je me lançai dans un travail de co-création avec une force qui me dépassait et mon ego battit en retraite.

Je découvris que chaque note et son détiennent un message unique et qu’il n’est pas possible de faire une fausse note ou un mauvais son. Je réalisai que les barrières sonores de notre éventail vocal étaient des limitations imposées artificiellement, y compris l’éventail vocal défini par les genres. On peut guérir n’importe quel état vocal qui vous empêche de manifester la tessiture complète des sept octaves ou plus.

Mon initiation à la guérison par le son débuta voici vingt ans lors d’une séance de travail sur le corps dans mon centre de guérison au Danemark. J’avais travaillé sur la douleur abdominale intense d’un client mais deux, trois séances n’avaient pas suffi à le soulager. Lorsque soudain des sons commencèrent de s’échapper de ma bouche comme s’ils allaient éclater en un chant qui attendait depuis longtemps de résonner à travers moi.

Cela ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu expérimenter jusque-là : les sons ne semblaient pas provenir seulement de la Terre mais de partout. J’étais submergée et je ne savais pas que j’étais capable d’émettre des sons aussi impressionnants. J’avais le sentiment qu’ils ne m’appartenaient pas mais que j’étais plutôt l’instrument que la Source utilisait pour acheminer ces sons sacrés chez mon client. Je fus la plupart du temps en transe, captivée par l’initiation sonore que j’expérimentais. Au bout d’environ dix minutes tout s’arrêta. Le son se tut de lui-même. La douleur du client était partie et je fus convaincue d’avoir entendu mon véritable appel.

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